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Description d'une nouvelle espèce
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Brachypelma auratum
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Günter SCHMIDT, 1992
(Publication initiale : Arachn. Anz. n°4(5), pages 7 - 9, 11 - 13).
Traduction de l'allemand : Fabian VOL
Voir fiche d'élevage de cette espèce
SUR LA NOMENCLATURE :
Après examen du type de Euathlus truculentus Ausserer 1875 il ne fait aucun doute que la synonymie de Brachypelma avec Euathlus établie par Raven (1985) n'est pas correcte, ce que j'avais déjà dit dans Arachnol. Anz. Nr 13 (1991) après l'étude de la littérature originale sur Euathlus and Brachypelma. Fritzlen (Arachnol. Anz. Nr 19, 1991) avait abouti au même résultat, alors que Smith (1992) qui avait déjà pu examiner le type avant moi, considérait toujours la synonymie justifiée.*
* Entre temps Smith m'a fait part que l'animal, qu'il avait considéré comme le type de Euathlus truculentus, était en réalité une espèce de Brachypelma non décrite jusqu'à présent. Il considère aujourd'hui la synonymie de Raven comme une erreur.
INTRODUCTION :
Pendant environ 6 ans cette espèce a été considérée dans le cercle des amateurs, de ce côté comme de l’autre côté de l’Atlantique, comme une forme des hautes terres de la Brachypelma
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smithi typique, appelée Brachypelma pseudosmithi ou Brachypelma auratum, forme qui ne provient cependant pas uniquement des hautes terres. Peter Klaas m’a fait parvenir des exuvies de cette forme pour la première fois en 1989. Déjà en 1987, L. Kristek m’avait fait part de ses expériences (essais de croisement entre « Brachypelma pseudosmithi » et B. emilia). Il a gentiment mis à ma disposition la photo qui fait partie de la 3ème édition de mon livre (photo 41). J’avais mis la légende « croisement de Euathlus smithi… .et Euathlus emilia …», puisqu’à cette époque (1989) je n’avais pas encore séparé Brachypelma smithi de Brachypelma auratum.
Le 26.6.1989 Rick West m’écrivait : « Le mâle n’est pas E. smithi mais une espèce proche de l’état de Sinaloa, Mexique, par conséquent on devrait lire Euathlus sp. (proche de smithi). J’ai vu de nombreux accouplements de mygales mais je n’ai jamais vu les petits, en avez-vous vu ? ». En fait je n’ai vu nulle part de descendants des accouplements entre B. smithi et la forme dite des hautes terres. Après avoir examiné davantage de matériels de B. smithi et des espèces apparentées, je suis arrivé comme de nombreux détenteurs des deux espèces à la conclusion que l’espèce dite des hautes terres était une espèce à part entière.
Dans sa diagnose du genre Valerio 1980 écrit : «La espermateca presenta una ondulación en el borde anterior ». Ce caractère n’est pas valable, car comme je l’écris dans Arachnol. Anz. 3 (1) 1992, pour B. auratum qui devra être considérée comme espèce dans le futur. Cependant puisqu’il s’agit indiscutablement d’une Brachypelma au sens de Simon 1890 et Valerio 1980 la diagnose du genre doit être modifiée comme suit : « Bord antérieur de la spermathèque avec ou sans ondulation plus ou moins distincte ». Du reste Megaphobema mesomelas, non plus, ne présente aucune ondulation, espèce, qui par le passé a souvent été attribuée à Brachypelma.
Je ne voulais faire une description de l’espèce qu’après avoir reçu du matériel des deux sexes. J’ai reçu le mâle qui me manquait jusqu’à présent de la part de Monsieur F. Fritzlen.
Brachypelma auratum sp. n. :
MATERIEL :
1 mâle (Holotype, ded. Fritzlen 22.2.1992), Mexique, octobre 1990, probablement province de Sinaloa ; 4 exuvies de femelles, paratypoïde, ded. Klaas 1989, Mexique, même provenance probable. L’holotype est mis à disposition au Senckenbergmuseum, Francfort.
DERIVATIO NOMINIS :
Du latin auratus = doré, à cause du dessin de flamme rouge orange sur les patellae.
DIAGNOSE :
Une espèce avec un motif semblable à celui de B. smithi avec des dessins de flamme orange rouge sur la face dorsale de l’ensemble des patellae et une spermathèque avec le bord antérieur arrondi sans ondulation.
DESCRIPTION (mâle) :
Longueur du corps 42 mm, carapace 22 x 20 mm, abdomen 20 x 14 mm, article basal des chélicères 9 mm.
Formule des pattes : IV, I, II, III
Longueur des articles :
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fémur |
patella |
tibia |
métatarse |
tarse |
total |
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Palpe |
11.0 |
8.0 |
10.0 |
- |
3.0 |
32.0 |
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Patte I |
18.0 |
10.0 |
15.0 |
15.0 |
9.0 |
67.0 |
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Patte II |
17.0 |
9.0 |
13.0 |
15.0 |
9.0 |
63.0 |
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Patte III |
16.0 |
8.0 |
13.0 |
15.0 |
9.0 |
61.0 |
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Patte IV |
17.0 |
9.0 |
15.0 |
19.0 |
10.0 |
70.0 |
Bulbe et embolus 6 mm. Tibia du palpe plus fin que chez B. smithi.
Relations :
Carapace plus longue que le mét. IV. Patella + tibia I légèrement plus long que patella + tibia IV (différence par rapport à B. smithi).
Epines :
Palpe : -. I : Ti pv 1, M v a 2. II : M v a 4. III : Ti pl 1-1, v a 1, rl 1-1, M v 1-1-1, rl a 1, pl 2-2-2. IV : Ti pl 1-1-1, v a 2, rl 1, M pl 1-1-1, v 2-2-2-2-2-2-4, rl 1-1-1.
Scopula :
Tous les tarses entièrement scopulés, mét. I et II entièrement, mét. III sur plus de ½, mét. IV sur la ½.
Clypeus :
Etroit, plus étroit que le quadrangle oculaire médian.
Tumulus oculaire :
Plus haut que le point le plus haut de la carapace, deux fois plus large que long, avec une avancée en forme de nez des AME. Rangée oculaire antérieure légèrement procurvée, rangée oculaire postérieure récurvée. ALE plus gros que les AME et les PLE. Yeux latéraux beaucoup plus proches l’un de l’autre que des AME. Dimensions en µm : AME 661, ALE 882, PME 661, PLE 706, AME-AME 792, AME-ALE 176, AME-PME 264. PLE-PLE 441( ?). PME-PLE 176, PME-PME 1760.
Sternum :
9 x 6 mm, coupé large. Sigilla sternaux postérieurs inclinés obliques, distants de la bordure du sternum de la moitié de leur diamètre longitudinal.
Labium :
Beaucoup plus long que large, avec à l’apex environ 7 rangées de cuspules.
Chélicères :
Avec environ 8 dents, celles-ci sont difficilement discernables à cause des poils épais.
Fovea :
Transverse, profonde, pas aussi large que le tumulus oculaire.
Filières :
9 mm, très fines. Les premier et dernier segments à peu près de taille égale, le 2ème plus petit.
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Bulbe et embolus :
voir fig. Embolus large en forme de cuillère.
Apophyses tibiales :
Situé ventralement (contrairement à Euathlus !), sans protubérance apicale.
Soies plumeuses :
Basales sur fémur I et pl sur trochanter I.
Couleur et motif :
Comme B. smithi, mais avec des dessins de flamme orange rouge sur la face dorsale de la totalité des patellae de même que par une large bande transversale distale blanche à jaune blanc sur les trochanters, patellae, tibias et métatarses. Bande transversale distale blanche étroite sur les fémurs.
DESCRIPTION (femelle) :
Carapace :
22 x 20 mm, article basal des chélicères : 15 mm.
Palpe :
Fémur pl plus fortement courbé que chez le mâle.
Longueur des articles :
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fémur |
patella |
tibia |
métatarse |
tarse |
total |
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Palpe |
12.0 |
8.0 |
9.0 |
- |
8.0 |
37.0 |
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Patte I |
16.0 |
10.0 |
12.0 |
11.0 |
7.0 |
56.0 |
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Patte II |
14.0 |
9.0 |
11.0 |
11.0 |
8.0 |
53.0 |
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Patte III |
13.0 |
9.0 |
10.0 |
12.0 |
7.0 |
50.0 |
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Patte IV |
15.0 |
10.0 |
13.0 |
18.0 |
8.0 |
64.0 |
Relations :
Patella + tibia I plus court que patella + tibia IV.
Scopula :
Comme le mâle.
Epines :
Palpe : P pl 1, Ti v a 4, pl 1-1, rl 1. I : Ti v a 2, rv 1, M v a 2. II : Ti pl 1-1-1, vm 1, M v a 2. III : Ti pl 1-1-1, v a 1, rl m 1, M pl 1-1, v 2-2, rl 1-1. IV : Ti pl 1, v a 2, rl 1-1, M pl 1, v 2-2-2-2.
Sternum et labium :
Comme chez le mâle.
Chélicères :
Avec 9 grosses dents et 15 petites en face des 7ème et 8ème.
Soies plumeuses :
Sur les trochanters et fémurs des palpes rl et de la 1re patte pl, sur le fémur sur près des 2/3 du segment.
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Spermathèque :
En une seule partie, sans dépression ou bosse sur la bordure antérieure, arrondie sur les côtés antérieurs.
Couleur et motif :
Comme chez le mâle.
DISCUSSION :
Bien que cette espèce soit connue depuis au moins 1987, et détenue sous les noms les plus différents et quasiment aussi fréquemment que B. smithi une description manquait jusqu’à présent. Il ne fait aucun doute que B. smithi soit l’espèce la plus apparentée. Elle a été collectée d’après Smith 1986 à Mazatlan, Papagayo, Colima, Nayarit, Guerrero et Chiapas. La différentiation entre les deux espèces s’effectue facilement grâce au dessin différent sur les patellae et à la forme de la spermathèque qui est légèrement ondulée sur son bord antérieur chez B. smithi et jamais aussi régulièrement arrondie que chez B. auratum. La forme du bulbe et de l’embolus différentie clairement les deux espèces. Chez B. smithi l’embolus n’a pas une forme en cuillère si large. Le tibia du palpe est plus épais. La dépression thoracique est chez le mâle de B. smithi récurvée. Le métatarse IV n’est pas chez B. smithi scopulé jusqu’à la moitié. Le nombre de cuspules sur le labium est inférieur. Il est souhaitable de protéger également cette magnifique espèce car, étant une espèce distincte désormais elle risque d’être importée en plus grand nombre à la place de B. smithi.
RESUME :
L’espèce connue depuis des années comme « forme des hautes terres de B. smithi » est décrite comme B. auratum sp. n. Elle diffère de B. smithi surtout par la forme de l’embolus et de la spermathèque arrondie sur le bord antérieur et non ondulée, les flammes orange rouge sur les patellae de même que par les bandes transversales blanches distinctes sur le trochnater, la patella, le tibia et le métatarse.
REMERCIEMENTS :
Je remercie le muséum d’état d’histoire naturelle, Stuttgart et en particulier Mme Susanne Fiechtner pour les prises de vue au microscope à balayage électronique, Monsieur A. Tinter pour la photo des spermathèques de Brachypelma auratum et B. smithi de même que pour le mâle de B. smithi et la femelle de B. auratum, M. Peter Klaas pour les exuvies de B. smithi et B. auratum et Monsieur F. Fritzlen pour le mâle de B. auratum et pour la littérature de Valerio sur Brachypelma.


