Chilocosmia arndsti

Une nouvelle mygale de Nouvelle Guinée
(Araneida : Theraphosidae, Selenocosmiinae)

(Selenotypus arndsti)
Chilocosmia arndsti
sp. n. de NOUVELLE GUINEE

(Günter SCHMIDT et Volker von WIRTH)

(Publication initiale : Arachn. Anz. n°10, pages 5 - 8).

Traduction de l'allemand : Fabian VOL

INTRODUCTION :

    Depuis le début de 1989, une mygale est importée en Allemagne en provenance de Nouvelle Guinée, elle y est vendue ainsi qu'en Angleterre sous le nom de Selenocosmia lanipes Ausserer 1875. Elle diffère cependant des espèces du genre Selenocosmia par l'organe de stridulation, la position oculaire et la grosseur relative des yeux. Il s'agit d'une espèce non décrite du genre monotypique à ce jour Selenotypus Pocock 1895, dont seul le génotype, Selenotypus plumipes 1895, la plus grosse araignée australienne du Queensland, est connue.
    La diagnose du genre doit être élargie sur la base de la découverte d'une deuxième espèce.

DIAGNOSE DU GENRE :

    Les deux rangées oculaires récurvées, yeux latéraux antérieurs (ALE) deux fois plus petits que les yeux médians antérieurs (AME). Yeux latéraux postérieurs (PLE) et yeux médians postérieurs (PME) plus petits. Les premiers de forme non oblongue. Dépression thoracique procurvée, plus large (S. plumipes) ou plus étroite que le tumulus oculaire. Partie céphalique pas très convexe, tumulus oculaire haut (S. plumipes) ou bas, très proche de la bordure antérieure de la carapace. Clypeus plus étroit que le diamètre des AME. Pattes de la 1ère paire plus longues et épaisses ou plus courtes et quelque peu plus fines (S. plumipes) que celles de la 4ème paires. Labium plus large (S. plumipes) ou aussi large que le tumulus oculaire, densément couvert de cuspules apicalement. Sternum que très légèrement plus long que large. Métatarse III à moitié scopulé (S. plumipes) ou scopulé presque jusqu'à la base, métatarse IV scopulé entre le 1/3 (S. plumipes) jusqu'à plus des 2/3, scopulé divisée par des soies. Chélicères rétrolatéralement (rl) avec de longues et puissantes soies de stridulation, au-dessus un champ de courtes épines de stridulation. Coxa du palpe avec prolatéralement (pl) une rangée de petits bacilli en forme de massue rouges orangés, noirs à la base, au dessus desquels on trouve un champ de bacilli courts.

MATERIEL EXAMINE :

    1 femelle (Holotype - Janvier 1989), 1 femelle (Paratype - 05.04.1990). Les deux animaux se trouvent au Senckenbergmuseum, Francfort sur le Main (don von Wirth).

PROVENANCE :

    Nouvelle Guinée sans précision.

DIAGNOSE :

    Diffère de Selenotypus plumipes par les caractéristiques suivantes : 1ère paire de pattes plus longue que la 4ème, labium aussi large que le tumulus oculaire, celui-ci relativement bas, métatarses III et IV presque complètement scopulés, fovéa thoracique plus étroite que le tumulus oculaire.

DERIVATIO NOMINIS :

    En l'honneur de Monsieur Peter Arndst, Ulm, qui a importé le premier l'espèce en Allemagne.

DESCRIPTION :

    (dimensions du paratype entre parenthèses) :
    Longueur du corps : 55 mm (38 mm), Carapace 22 x 17.5 mm (19 x 16 mm), avec les chélicères 31.5 mm (26 mm), abdomen 28 x 17 mm (19 x 12 mm).
    Longueur des membres : I, IV, II, III

 

fémur

patella

tibia

métatarse

tarse

total

Palpe

11.5 (9.0)

10.0 (7.0)

8.0 (8.0)

-

8.0 (7.0)

37.5 (31.0)

Patte I

17.0 (16.0)

11.0 (9.0)

13.5 (11.0)

14.0 (12.0)

8.5 (7.0)

64.0 (55.0)

Patte II

15.0 (12.0)

9.5 (8.0)

11.0 (10.0)

12.5 (10.0)

8.0 (8.0)

56.0 (48.0)

Patte III

12.0 (11.0)

8.0 (6.0)

8.0 (7.0)

11.0 (10.0)

7.0 (6.0)

48.0 (40.0)

Patte IV

15.0 (15.0)

10.0 (7.0)

12.0 (11.0)

15.0 (14.0)

7.5 (7.0)

60.0 (54.0)

Chétotaxie :

    Palpe : - , I : métatarse = ventrale rétrolatérale apicale 1, II : métatarse = ventrale rétrolatérale apicale I, ventrale médiale apicale I, ventrale prolatérale apicale I (toutes les épines sont cachées dans la scopula), III : métatarse = ventrale prolatérale apicale I, ventrale rétrolatérale apicale I (près de la scopula), dorsale prolatérale apicale I, dorsale médiale apicale I, IV : métatarse = ventrale rétrolatérale apicale 1, ventrale prolatérale apicale I, dorsale rétrolatérale apicale I, dorsale prolatérale apicale I.

Scopula :

    Tous les tarses sont entièrement scopulés, métatarses I - III entièrement scopulés, métatarse IV scopulé sur les 4/5. Scopula du métatarse IV divisée par de longues soies. Scopula des tarses IV divisée par des soies fines.

Relations :

    Carapace aussi longue que ou légèrement plus longue que la patella + tibia IV, aussi longue ou seulement un peu plus courte que le métatarse + tarse I, plus courte que la patella + tibia I, plus courte que le métatarse + tarse IV, sa largeur est plus faible que la longueur du trochanter + fémur I. Patte III considérablement plus courte que la II. Carapace presque aussi large que ou légèrement plus large que la patella + tibia du palpe, à peu près aussi large que le métatarse + tarse III. Patte I un peu plus courte que trois fois la longueur de la carapace. Patella + tibia II aussi long que le métatarse + tarse II. Métatarse + tarse I aussi long ou un peu plus court que le métatarse + tarse IV. Patella I un peu plus longue que la patella IV, métatarse III aussi long que le tibia II.

Clypeus :

    Très étroit, pratiquement manquant.

Tumulus oculaire :
    Plus large que long (3 x 2 mm), bas, rangée oculaire antérieure légèrement récurvée, rangée oculaire postérieure plus fortement récurvée, PME seulement un peu plus petits que les PLE, ALE un peu plus gros que les PLE, AME deux fois plus gros que les ALE. Espacement AME - AME un peu plus important que AME - PME. AME - AME à peu près aussi grand que AME - ALE. ALE - PLE un peu plus important que AME - ALE. PME - PLE moitié plus petit que AME - PME.

Dépression thoracique :
    Procurvée, un peu plus étroite que le tumulus oculaire.

Chélicères :
    Bord de la gouttière avec 14 grosses dents sur une rangée. Organe de stridulation : 1 - 2 rangées de longues soies de stridulation épineuses irrégulièrement disposées, au dessus un champ ovale allongé d'environ 6 rangées d'épines de stridulation courtes. Pas de bacilli en cheville prolatéralement.

Fig. 2 : Chilocosmia arndsti (Selenotypus arndsti),
femelle, sp. n., organe de stridulation
sur le chélicère rétrolatéral
dessin : V. von Wirth

Coxa du palpe :
    Organe de stridulation prolatéral, il consiste en bacilli claviformes diminuant de longueur vers l'apex dans la partie inférieure de la coxa. Leur nombre peut varier en fonction des spécimens et / ou des palpes entre 8 et 12. Au dessus on trouve un champ presque ovale de courtes épines de stridulation. Au dessus de la suture distal et médial environ 40 - 50 épines un peu plus longues.

Fig. 1 : Chilocosmia arndsti (Selenotypus arndsti),
femelle, sp. n., organe de stridulation
sur le coxa du palpe prolatéral
dessin : V. von Wirth

Labium :
   Plus large que long, presque rectangulaire, avec à l'apex de minuscules cuspules serrées sur plus de 10 rangées.

Sternum :
   1 paire de sigilla à hauteur de la coxa II, séparés de la bordure du sternum d'environ son grand diamètre.

Filières (paratype) :
   Filières postérieures 9.5 mm, plus longues que le tarse IV, son deuxième segment 3 mm, son segment apical 4 mm de long.

Spermathèque :
   2 receptacula seminis divergents.

Fig. 3 : Chilocosmia arndsti (Selenotypus arndsti),
femelle, sp. n., spermathèque
photo : A. Tinter

Couleur :
   Carapace rouge rouille, abdomen marron foncé, avec dorsalement des poils bruns courts éparses, dessous du corps marron foncé presque noir, article basal des chélicères marron foncé, palpe marron foncé presque noir, fémurs de toutes les pattes noirs, le reste des articles marron rouge dorsalement, marron foncé ventralement.

DISCUSSION :

    Cette espèce ne rentre difficilement que dans un seul genre existant. Ce n'est pas Selenocosmia, dont elle diffère ne serait-ce que par la disposition oculaire complètement différente et par le rapport de taille des yeux de même que par l'organe de stridulation et la spermathèque différents. Diffère de Coremiocnemis par les mêmes critères ainsi que par l'absence des bacilli de stridulation en forme de cheville sur la face prolatérale des chélicères. L'espèce peut être placée dans le genre Selenotypus avec des réserves. Nous avons mis en évidence les différences avec le génotype. Si nous avons décidé néanmoins de ne pas établir un autre genre monotypique mais de prendre en considération le genre Selenotypus, c'est en premier à cause de la taille des AME comparée à celle des ALE et de la rangée oculaire antérieure récurvée. Selenotypus contient la plus grosse araignée d'Australie et de Nouvelle Guinée. L'espèce présente est de la même taille que le génotype. La longueur relative des pattes I et IV peut, comme avec les autres espèces des Selenocosmiinae, être spécifique des espèces. Nous considérons la même chose de l'étendue de la scopula sur les métatarses III et IV. Nous ne considérons pas davantage la hauteur relative du tumulus oculaire et son étendue comparée à la fovéa comme une caractéristique de séparation des genres. Plus difficile à juger est la largeur relative du labium. Il n'est pas presque deux fois aussi large que le tumulus oculaire comme chez le génotype, par contre sa largeur correspond à peu près à la moitié de la longueur de la maxilla, comme Pocock l'écrit à propos de Selenotypus plumipes. Partant de là il semble que cette espèce de nouvelle Guinée présente un labium particulièrement petit. Il faudrait cependant découvrir d'autres espèces, qui en considération avec les autres caractéristiques avec lesquelles elles diffèrent de Selenotypus plumipes, seraient davantage en concordance pour créer éventuellement un nouveau genre.

ABSTRACT :

    A new species of Selenotypus, Selenotypus arndsti, is described. It distinguishes from Selenotypus plumipes by another relation of the lenght of leg I and IV, a lower and wider ocular tubercle and pads on metatarsus III and IV covering almost the whole of the segment. The diagnosis of the genus Selenotypus is changed.

BIBLIOGRAPHIE :

- Ausserer A. 1875 : Zweiter Beitrag zur Kenntnis der Arachniden-Familie der Territelariae Thorell (Mygalidae Autor). Verhandlungen der zoologischen und botanischen Gesellschaft Wien, 25 : 125-206, Tafel V-VII, Abb. 1-45.
- Hogg, H. 1901 : On Australian and New Zealand spiders of the suborder Mygalomorphae. - Proc. Zool. Soc. London 2 : 218-279.
- Pocock, R. 1895 : On a new and natural grouping of some oriental genera of Mygalomorphae, with descriptions of new genera and species. - Ann. Mag. Nat. Hist. 6 (5) : 165-184, pl.10.
- Simon E. 1903 : Histoire Naturelle des Araignées. Tome 2, fascicule 4. Paris, 1903 : 954-956.


©G.E.A. 2010
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