Chilocosmia dichromata

Description d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce
(Araneida : Theraphosidae, Selenocosmiinae)

Chilocosmia dichromata
gen. n sp. n. de NOUVELLE GUINEE

et

Description du mâle de

Chilocosmia arndsti

(SCHMIDT & von WIRTH, 1991)
(Araneida : Theraphosidae, Selenocosmiinae)

(Günter SCHMIDT et Volker von WIRTH)

(Publication initiale : Arachn. Anz. n°3 (3), pages 9 - 16).

Traduction de l'allemand : Fabian VOL

INTRODUCTION :

    D'après les clés de Simon (1903), Raven (1985) et Schmidt (1986, 1989), certaines Selenocosmieae des îles du sud-est asiatique décrits sous les noms de Chilobrachys et Selenocosmia ne peuvent être déterminés. La raison en est que chez ces derniers l'organe de stridulation sur les chélicères et les coxae du palpe présente des caractéristiques des deux genres. Si les soies de stridulation sur la coxa du palpe sont seulement bacilliformes, alors -d'après Raven- il s'agit de Selenocosmia. Si elles ont la forme de massue élargie alors il devrait s'agir de Chilobrachys. Selon le cas, si on choisit aujourd'hui la caractéristique "soies claviformes" ou celle de "zone de soies bacilliformes plus grandes" chez ces soies de stridulation qui possèdent les deux, on tombe chez l'un ou l'autre des genres de ce groupe. Chilobrachys samarae Giltay 1935 par exemple, outre la grosse zone typique de soies de stridulation bacilliformes denses, présente sous celle-ci quelques soies claviformes beaucoup plus grosses. Giltay (1935) pensait même que vraisemblablement, un certain nombre d'espèces de Selenocosmia des îles du sud-est asiatique devraient être rangées dans le genre Chilobrachys après examen de leur organe de stridulation. Il s'avère en effet nécessaire d'établir un nouveau genre pour certaines de ces espèces de Selenocosmia et de Chilobrachys, dans lequel des espèces de Selenocosmia de la région Nouvelle Guinée / Philippines / Australie doivent être transférées. De même, Selenotypus arndsti Schmidt et von Wirth 1991 doit être placé dans ce nouveau genre. Nous avons en effet pu voir par une comparaison de l'organe de stridulation et de la spermathèque de Selenotypus plumipes Pocock 1895 que Selenotypus arndsti n'appartenait pas au genre Selenotypus.
    Nous remercions beaucoup Monsieur Andrew Smith (Angleterre) qui nous a gentiment fait parvenir un dessin de la spermathèque et de l'organe de stridulation de l'holotype de Selenotypus plumipes. Pour savoir si Chilobrachys samarae appartient également à ce nouveau genre, il faudrait examiner l'holotype.

CHILOCOSMIA gen. n. :

DERIVATIO NOMINIS :

    Du grec ancien Chilos = lieu d'alimentation et kosmein = tenir en ordre.

DIAGNOSE :

    Selenocosmieae de taille moyenne avec un champ de 4-5 rangs de bacilli de stridulation longs et fins sur les chélicères rétrolatéral et plus de 4 rangées en forme d'arc de bacilli de stridulation courts sur la coxa du palpe prolatéral ; sous celles-ci une rangée également en arc ou droite de bacilli de stridulation plus longs, dont certains, normalement les médians ou les basaux, sont plus longs et épaissis en forme de massue. Ceux de cette rangée en particulier les bacilli puissants ne sont jamais comme ceux de Selenocosmia tous pointus lancéolés. Chélicères prolatéraux sans épine en forme de cheville. Suture labio-sternale avec 2 surépaisseur latérales (bosses). Scopula des tarses de la 4ème paire divisée par des poils plus longs et des bosses basses et atteignant presque la base de l'article. Tarses des pattes postérieures avec une 3ème griffe plus petite (chez les deux espèces examinées jusqu'à présent). Les deux grandes griffes tarsales des pattes postérieures avec de petites dents. Yeux latéraux antérieurs (ALE) usuellement distinctement plus petits que les yeux médians antérieurs (AME). Spermathèque pourvue de 2 receptacula seminis distincts et divergents. Palpes du mâle avec un embolus arqué fin tout du long pointu.

GENOTYPE :

    Chilocosmia dichromata sp. n.

PROVENANCE :

    Nouvelle Guinée.

MATERIEL :

    2 femelles, importées par Peter Arnst, ded. Von Wirth 1991. Le matériel se trouve au Senckenbergmuseum, Francfort sur le Maine.

CHILOCOSMIA DICHROMATA sp. n. (Planche 1, fig. 1-7) :

PROVENANCE :

    Indonésie : Ouest de la Nouvelle Guinée : Sorong.

DIAGNOSE :

    Une espèce de taille moyenne avec une rangée oculaire antérieure procurvée et un organe de stridulation en demi-cercle sur la coxa du palpe, il comporte dans sa partie inférieure environ 10 bacilli puissants claviformes de taille inégale. Soies couchées sur 3 rangs au dessus de la suture de la coxa du palpe.

DESCRIPTION :

    (dimensions du plus grands des deux exemplaires : holotype) :
    Longueur du corps : 45 mm, avec les chélicères : 49.5 mm, carapace : 21 x 16 mm, partie céphalique bombée, cependant pas tout à fait aussi fortement que par exemple chez Selenocosmia javanensis javanensis (Walckenaer 1837).
    Longueur des membres : IV, I, II, III

 

fémur

patella

tibia

métatarse

tarse

total

Palpe

10.1

6.5

7.7

-

7.7

32.0

Patte I

14.5

9.0

12.0

11.0

7.1

53.6

Patte II

13.1

9.0

9.1

10.0

6.1

47.3

Patte III

12.0

7.1

7.9

11.0

6.0

44.0

Patte IV

15.8

9.0

13.0

17.0

7.1

61.9

Chétotaxie :

    Palpe : -. Patte I : -. Patte II : métatarse = v m a 1 (très petite, dans la scopula). Patte III : métatarse = d rl a 1, d pl a 1 (cette dernière près de la scopula), v rl a 1, v m a 1, v pl a 1 (ces 3 dernières dans la scopula). Patte IV : métatarse = d rl a 1, d pl a 1, v m sub-apicale 1 (cette dernière dans la scopula), v rl a 1, v m a 2, v pl a 1 (ces 4 dernières dans la scopula).

Scopula :

    Tous les tarses entièrement scopulés, métatarse I-III entièrement scopulés, métatarse IV scopulé sur les 4/5, presque jusqu'à la base latéralement.

Relations :

    Carapace aussi longue que la patelle + tibia I, plus longue que le métatarse + tarse I, un peu plus courte que la pat. + tib. IV, distinctement plus courte que le mét. + tarse IV, à peu près aussi large que le mét. + tarse II, plus large que la pat. + tib. du palpe. Patte IV un peu plus courte que trois fois la longueur de la carapace. Pat. + tib. III plus courte que le mét. + tarse III. Pat. + tib. II aussi longue que le mét. + tarse I. Pat. + tib. IV un peu plus long que la pat. + tib. I. Métatarses I et III environ de la même longueur.

Clypeus :

    Pas aussi large que le quadrangle oculaire médian.

Tumulus oculaire :
    2.1 mm de long, 2.7 mm de large, à peu près aussi long que la largeur de la fovéa. Rangée oculaire antérieure procurvée, rangée oculaire postérieure récurvée. Rangée oculaire antérieure un peu plus large que la rangée oculaire postérieure. Dimension des yeux en µm : AME 730, ALE 590, PME 368, PLE 441. Espacement oculaire : AME-AME un peu plus petit que AME-ALE, AME-ALE aussi grand que ALE-PLE, AME-PME un peu plus grand que PME-PLE.

Dépression thoracique :
    2.1 mm de large, profonde, procurvée.

Chélicères :
    Gouttière avec environ 10 grosses dents et quelques unes plus petites sur une rangée, prolatéralement à celle-ci quelques dents plus petites sur 2 rangs. 4-5 rangées de bacilli de stridulation longs et fins sur les chélicères rétrolatéralement, ceux situés basalement sont les plus longs et les plus forts.

Coxa du palpe :
    Organe de stridulation en forme de demi-cercle, avec environ 10 bacilli claviformes de taille inégale sur une rangée courbée et des soies plus petites sur plus de 3 rangs au dessus ou en partie insérées dans cette rangée. Au dessus de la suture de la cuticule on trouve environ 3 rangées de soies couchées.

Labium :
   2.1 mm de long, 3.1 mm de large, tiers apical avec plus de 10 rangées de petites cupsules, lesquelles sont très proches l'une de l'autre.

Sternum :
   1 paire de sigilla à hauteur de la coxa II, distant de plus de son diamètre longitudinale de la bordure du sternum, ovales. Une deuxième paire, plus petite entre les coxae I et II proche de la bordure du sternum.

Filières (paratype) :
   Paire postérieure 8.5 mm de long, l'article basal le plus long, l'article apical un peu plus long que l'article médian.

Spermathèque :
   2 receptacula seminis allongés, proches l'un de l'autre, un peu divergents.

Couleur :
   Céphalothorax et coxae + trochanters des pattes dorsalement brun rougeâtre, le reste des articles de pattes et abdomen de même que la face ventrale du corps brun (avant une mue). Après la mue : céphalothorax, coxae et trochanters des pattes rouges, les reste des articles des pattes et abdomen de même que la face ventrale du corps noirs. Article basal des chélicères brun, maxillae rouge brun plus clair.

Remarque :
   L'espèce considérée et représentée par Schmidt (1989) comme Chilobrachys samarae, que l'on suppose provenir des Philippines et dont l'exuvie a pu être examinée, ce pour quoi nous remercions Monsieur Dietmar Pinz, appartient à Chilocosmia dichromata.

PLANCHE I : Chilocosmia dichromata, sp. n.

Légende :
Fig. 1: Organe de stridulation du coxa du palpe prolatéral.
Fig. 2: Organe de stridulation sur le chélicère.
Fig. 3: Sternum, labium et maxillae avec cuspules.
Fig. 4: Griffe du tarse avec de petites dents, et griffe 3 de la patte IV.
Fig. 5: Groupe oculaire, vue dorsale.
Fig. 6: Spermathèque.
Fig. 7: Carapace, vue de côté.

CHILOCOSMIA ARNDSTI (Schmidt & von Wirth, 1991) (Planche 2, fig. 1-6) :

MATERIEL :

    1 mâle, importé par Peter Arnst, ded. Dick Weickmann 1991. L'animal se trouve au Senckenbergmuseum, Francfort sur le Main.

PROVENANCE :

    Indonésie : Ouest de la Nouvelle Guinée : Sorong.

DESCRIPTION :

    Longueur du corps : 31 mm, avec les chélicères 35 mm, carapace : 16 x 14 mm, partie céphalique légèrement bombée.
    Longueur des membres : IV, I, II, III

 

fémur

patella

tibia

métatarse

tarse

total

Palpe

10.2

5.9

9.5

-

3.6

29.2

Patte I

16.2

9.0

13.0

14.5

8.0

60.7

Patte II

14.8

7.2

12.0

13.9

8.0

56.0

Patte III

12.1

6.1

8.1

12.0

7.0

45.4

Patte IV

16.0

7.0

13.0

17.8

8.0

61.8

Chétotaxie :

    Palpe : -. Patte I : -. Patte II : -. Patte III : métatarse = d pl a 1, v submedial a 1, v m a 1 (les 2 dernières dans la scopula et très petites). Patte IV : métatarse = d rl a 1 (position de la même sur les autres pattes : d pl a 1), v pl a 1, v m a 1, v rl a 1 (toutes dans la scopula).

Scopula :

    Tous les tarses entièrement scopulés. Métatarse I-III entièrement scopulés. Métatarse IV scopulé jusqu'aux ¾. Scopula du métatarse IV divisée par de longs poils.

Relations :

    Carapace aussi longue que le fémur I, plus longue que la pat. + tib. III, beaucoup plus courte que la pat. + tib. I et IV, sa largeur est presque aussi longue que la longueur de la pat. + tib. III, plus longue que la longueur des tibias I et IV, un peu plus longue que la pat. + tib. IV. Pat. + tib. I et mét. + tarse I presque de la même longueur. Pat. + tib. I aussi long que le mét. + tarse II. Pat. + tib. II aussi long que mét. + tarse III. Tibia I aussi long que le tibia IV. Métatarse IV beaucoup plus long que le métatarse I. Patte IV plus longue que la patte I de façon peu significative.

Clypeus :

    Pas aussi large que la longueur du quadrangle oculaire médian.

Tumulus oculaire :
    2.2 mm de large, 1.3 mm de long, aussi long que la largeur de la dépression thoracique. Rangée oculaire antérieure légèrement récurvée, presque droite. Rangée oculaire postérieure récurvée. Rangée oculaire antérieure un peu plus large que la rangée oculaire postérieure. AME presque deux fois plus gros que les ALE. ALE légèrement plus gros que les PLE. PLE légèrement plus gros que les PME. Ecartement oculaire : AME-ALE moitié moins grand que ALE-PLE. AME-AME à peine plus grand que AME-PME, PLE-PME un peu plus petit que AME-PME. Tumulus oculaire bas.

Dépression thoracique :
    1.3 mm de large, procurvée.

Chélicères :
    Structure de l'organe de stridulation comme chez la femelle. Bacilli de stridulation sur une rangée légèrement montante. Au dessus de celle-ci un champ de plusieurs rangées d'épines de stridulation courtes. Pas d'épines en forme de cheville sur les chélicères prolatéraux.

Coxa du palpe :
    Structure de l'organe de stridulation également comme chez la femelle. 10 ou 8 longs bacilli de stridulation sur une rangée, de longueur décroissant vers l'apex. Au dessus de celle-ci un champ ovale en forme de goutte d'épines de stridulation très courtes. La rangée inférieure de l'organe de stridulation est constituée de longs bacilli de stridulation dont les 4 basaux sont claviformes et les 4 ou 6 vers l'apex lancéolés. Moitié au dessus de la suture sans soies.

Labium :
   2.1 mm de large, 1.8 mm de long. Apex avec plus de 10 rangées de petites cuspules denses.

Sternum :
   7.1 mm de long, 5.2 mm de large. Sigilla sternaux postérieur allongés en forme de goutte, à la hauteur de la coxa II et distant de la bordure du sternum de son diamètre. Espacement des sigilla sternaux postérieurs à l'endroit le plus étroit : 1.2 mm.

Filières postérieures :
   7.9 mm, aussi longues ou plus longues que les tarses des pattes.

Bulbe :
   Presque sphérique, sans surprise. Embolus arqué et fin tout le long.

Couleur :
   Carapace, article basal des chélicères, coxae et trochanters de même que pat. + tib. et mét. + tarse des pattes sur leur face dorsale brun-beige. Ces mêmes articles ventralement également brun-beige. Palpe, face ventrale du corps et fémurs de toutes les pattes marron foncé presque noir. Abdomen brun clair. Bacilli de stridulation sur la coxa du palpe avec une base plus noire.

COMPORTEMENT :

    On ne dispose malheureusement d'aucune information sur le comportement naturel des deux espèces de Chilocosmia. Manifestement elles habitent les biotopes très humides de Nouvelle Guinée, peut-être les forêts brumeuses de montagne. On a cette impression en tout cas si on considère que le comportement en terrarium est le même que dans la nature. Ainsi, les deux espèces n'aiment manifestement que les lieux très humides. En stabulation d'après Schmidt (1989) les deux espèces refusent de s'alimenter après une courte période. Ce n'est que lorsqu'on la change pour un terrarium plus grand et rempli de terreau très humide qu'elles acceptent à nouveau rapidement la nourriture habituelle, qui peut consister en grillons, blattes, criquets et souriceaux. Les hautes températures (environ + 30°C) sont également nocives pour les deux espèces. A partir de températures d'environ 30°C, les deux espèces commencent à replier leurs pattes sous le corps (signe d'une mort proche !). Ce n'est que par un rafraîchissement rapide par aspersion directe d'eau froide ou par un changement de place pour un endroit plus frais que l'araignée récupère rapidement. La meilleure façon d'accommoder ces araignées en terrarium est de remplir le terreau d'eau jusqu'à mi-hauteur (communication pers. De H.J. Peters). Une femelle de Chilocosmia arndsti, propriété de l'un des auteurs (von Wirth) s'est construit un tube suivant la manière décrite en terrarium. La plupart des mygales font cela -d'après mes propres observations- seulement si le comportement en terrarium correspond approximativement aux conditions naturelles de la niche écologique du cas en question.

PLANCHE II : Chilocosmia arndsti (Schmidt & von Wirth 1991)

Légende :
Fig. 1: Bulbe palpal, vue ventrale.
Fig. 2: Bulbe palpal, vue rétrolatérale.
Fig. 3: Griffe du tarse avec de petites dents et griffe 3 de la patte IV.
Fig. 4: Sternum, labium et maxillae avec cuspules.
Fig. 5: Groupe oculaire, vue dorsale.
Fig. 6: Carapace, vue de côté.

DISCUSSION :

    L'espèce mentionnée ici a été décrite pour la première fois par nous dans l'édition de janvier de Arachnologischen Anzeiger. Nous avions assigné cette espèce avec réserve au genre Selenotypus Pocock 1895, car l'holotype et tous les paratypoïdes présentaient des AME deux fois plus gros que les ALE. Cette caractéristique distingue l'espèce en question de Selenotypus plumipes Pocock 1895. Grâce aux indications amicales de Andrew Smith qui, à la différence de nous autres, a pu examiner l'holotype de Selenotypus plumipes, nous avons reconnu que Selenotypus arndsti devait être retirée de ce genre. Puisque Selenotypus arndsti présente de nombreux points communs avec l'espèce décrite précédemment Chilocosmia dichromata, nous avons considéré que le genre convenait pour ces deux espèces. Il est évident que Selenotypus arndsti n'appartient ni au genre Selenocosmia ni à Chilobrachys au vu des caractéristiques énoncées plus haut, en particulier l'organe de stridulation et la forme de la spermathèque.
    Le genre Selenocosmia avec ses 35 espèces et sous-espèces a besoin d'une révision urgente. Si on regarde ne serait-ce que les différentes formes de spermathèques, par exemple de Selenocosmia javanensis javanensis (Walckenaer 1837) et de Selenocosmia compta Kulczynski 1911, de bulbes, par exemple de Selenocosmia lanipes Ausserer 1875, Selenocosmia sutherlandi Gravely 1935 et Selenocosmia kulluensis Chamberlin 1917, on a du mal à considérer qu'il s'agit de représentants d'un seul et même genre. De la même manière les organes de stridulation de, par exemple Selenocosmia javanensis javanensis et Selenocosmia stirlingi Hogg 1901 sont très différents. Chez cette dernière, la forme seule du champ de soies de stridulation sur la coxa du palpe est complètement atypique de Selenocosmia. Elle ressemble plutôt à celle de Chilobrachys. Toutes les espèces, chez lesquelles l'organe de stridulation sur la coxa du palpe n'est pas constitué d'un champ ovale large et dense de soies lancéolées, donc clairement pointues doivent être éliminées de Selenocosmia. Pour les espèces qui outre un champ en arc de cercle de plus de 4 rangées de bacilli de stridulation courts et pointus, présentent une rangée de soies de stridulation grandes et fortes épaissies en forme de massue ou de pagaie, ou dont au moins le milieu de la rangée est bâti de cette façon et dont la face interne des chélicères est dépourvue d'épines en forme de chevilles nous avons créé le genre Chilocosmia, la structure même du nom souligne qu'il s'agit d'un Selenocosmieae chez lequel les caractéristiques de Selenocosmia et Chilobrachys sont réunies.

La clé des espèces de Chilocosmia peut s'énoncer comme suit :

Clé des espèces:

 

1.

Yeux médians antérieurs presque deux fois plus gros que les yeux latéraux antérieurs. Yeux antérieurs sur une ligne légèrement récurvée. Coxa du palpe avec 8-12 longs bacilli de stridulation sur une ligne droite, dont les 3 ou 4 basaux sont claviformes et les autres vers l’apex lancéolés. Au dessus un champ presque ovale d’épines de stridulation très courtes.

  Chilocosmia arndsti
(Schmidt & von Wirth 1991)

 

Yeux médians antérieurs environ ¼ plus gros que les yeux latéraux antérieurs. Rangée oculaire antérieure procurvée. Organe de stridulation sur la coxa du palpe en forme de demi-cercle, environ 10 bacilli puissants, claviformes de tailles inégales sur une rangée courbe. Soies lancéolées plus courtes sur plus de trois rangées au dessus ainsi qu'au milieu en partie. Au dessus de la suture de la cuticule des poils couchés sur 3 rangs.

  Chilocosmia dichromata sp. n.

RESUME :

    Un nouveau genre Chilocosmia est décrit basé sur la nouvelle espèce Chilocosmia dichromata de Nouvelle Guinée. Le mâle de Selenotypus arndsti Schmidt & from Wirth 1991 est également décrit et l'espèce est transférée dans le genre Chilocosmia. Le genre Chilocosmia réunit des caractéristiques de Chilobrachys et de Selenocosmia. Il est également possible que Chilobrachys samarae Giltay 1935 appartienne également à ce genre.

ABSTRACT :

    A new genus of the Selenocosmiinae named Chilocosmia is described because of the new species Chilocosmia dichromata from New Guinea. The male of Selenotypus arndsti Schmidt & v. Wirth 1991 is described, too, and this species is placed into the genus Chilocosmia. The genus Chilocosmia shares characteristics of Chilobrachys and Selenocosmia. Possibly Chilobrachys samarae Giltay 1935 belongs to this genus as well.

BIBLIOGRAPHIE :

- Guiltay L. 1935 : Liste des arachnides d'extrème-orient et des Indes orientales. - Bull. Mus. Hist. Nat. 11 (20): 2-5.
- Raven R. 1985 : The spider infraorder Mygalomorphae (Araneae) : Cladistics and systematics. - Bull. Amer. Mus. Nat. Hist. 182 (1) : 118.
- Schmidt G. 1986 : Vogelspinnen, 1, Aufl. Blücher & Philler, Minden : 67-68.
- Schmidt G. 1989 : Vogelspinnen, 3, Aufl. Blücher & Philler, Minden : 100-101.
- Schmidt G. & von Wirth V. 1991 : Eine neue Vogelspinne aus Neu Guinea Selenotypus arndsti sp. n. (Araneida: Theraphosidae : Selenocosmiinae).- Arachnologischen Anzeiger n°10: 5-8.
- Simon E. 1903 : Histoire naturelle des araignées 2 (4) : 954-955.


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