I - Introduction
Vous avez réussi une reproduction de mygale, la femelle vient de confectionner son cocon. En réalité, le plus dur est fait.
Il existe beaucoup de variantes d'incubation. Quatre sont à retenir :
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La plus naturelle, la plus simple et la plus tolérante en ce qui concerne de légères erreurs de maintenance (compensées par la femelle qui déplacera le cocon en conséquence), est de laisser le cocon à la mère jusqu'à l'éclosion, mais cela comporte un surcroit de risques lié au stress ou à l'appétit.
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La seconde est un intermédiaire, il s'agit de la forme basique d'incubateur, qui permet des corrections (changement du bac) et une certaine surveillance, tout en conservant une marge d'erreur car le cocon entier y est placé et constitue une enveloppe protectrice des larves en développement.
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La troisième en est très proche sur le principe, mais les oeufs sont sortis du cocon et les paramètres doivent être parfaitement maîtrisés.
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La dernière, est presque trop élaborée, elle comprend un incubateur avec une hygrométrie contrôlée, un thermostat interne, et un moteur faisant tourner le cocon.
Pour beaucoup d'espèces, si les oeufs sont fertiles, vous aurez plus de chances d'obtenir les bébés en plaçant le cocon en incubation, après l'avoir laissé au moins 4 à 6 semaines à la mère. Cela évite le risque de voir le cocon dévoré par la femelle, et vous permet aussi un meilleur contrôle des facteurs d'environnement (hygrométrie, température) à apporter. Ces facteurs, qui peuvent varier selon les espèces, ne sont pas l'objet de cet article.
Souvent éludée dans les livres spécialisés, l'incubation constitue un point de blocage pour l'éleveur débutant. Pourtant, il n'y a rien de bien compliqué, en voici la preuve :
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II - Matériel
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L'incubateur est un condensé basique permettant de réunir les conditions strictement nécessaires au développement des oeufs puis des larves, en atténuant les dangers. A l'extrème, il peut être assimilé à un "mini-terrarium", adapté bien sûr. Des millions de mygales s'en passent très bien en milieu naturel... Tout d'abord, réunissez le matériel nécessaire :
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III - Elaboration de l'incubateur
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Versez de l'eau sur la tourbe ou la vermiculite. Laissez quelques minutes le temps d'imbiber. Le substrat doit être saturé d'eau mais pas noyé : vous devez voir l'eau quand vous appuyez avec le doigt, mais pas de "flaque" quand vous penchez la boite. |
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Prenez la compresse, dépliez-la complètement, vous obtenez un carré de 30x30cm. Pliez-le en 2 et posez-le sur la totalité du substrat en "enfonçant" les côtés dans la tourbe et en ajustant les bords de façon que toute la surface soit recouverte. |
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Vous y placez le couvercle parfaitement sec, retourné. Evitez de le mettre au milieu, là c'est pour la photo. (Si vous le mettez au milieu, les gouttes formées par la condensation peuvent tomber dedans et faire pourrir le cocon)... Posez le cocon (ici représenté par une boulette de coton) dans le couvercle. |
C'est le point le plus important : l'humidité devra rester AMBIANTE dans l'incubateur, l'eau ne doit JAMAIS entrer en contact direct avec le cocon (risque REEL et RAPIDE de pourrissement ou de moisissure).
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IV - L'incubation
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Pour les espèces "rapides" comme Psalmopoeus, lorsque la femelle a gardé le cocon 3 ou 4 semaines, l'incubation ne dure guère plus de 3 ou 4 autres semaines. Changer l'incubateur est inutile. Par contre, pour les Brachypelma par exemple, je pense que c'est une nécessité (toutes les 6 semaines au moins) pour prévenir tout développement de parasites et la pourriture du substrat.
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J'en étais sûr, vous avez craqué aussi. Trop tôt ! Ce ne sont encore que des larves. Recousez très grossièrement SANS SERRER, replacez le cocon, couture vers le haut. Dans le cas illustré (Psalmopoeus pulcher), le cocon est posé directement sur le liège, l'essentiel est qu'il ne soit pas en contact avec le substrat ni la condensation du couvercle. |
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L'heure c'est l'heure. C'est encore trop tôt, mais il est fréquent que les larves sortent un peu en avance. Laissez faire, vous pouvez ajouter du papier essuie-tout pour augmenter leur surface de déplacement et atténuer l'humidité du substrat (je l'ai fait dans ce cas -Poecilotheria regalis- car j'avais vraiment trop humidifié, mais ce n'est pas obligatoire). |
Les larves restent en grappe autour du cocon, il faut encore les laisser se débrouiller (surtout ne pas chercher à les nourrir, bien qu'ayant déjà une forme d'araignées, elles ne sont pas encore entièrement dévelopées !!!). A noter qu'à ce stade elles sont déjà aptes à tisser.
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V - La mue
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C'est pour bientôt. Les larves commencent à noircir (voir en haut à droite -Poecilotheria regalis), les mues devraient commencer d'ici cinq à dix jours. A ce stade, les risques de pertes sont quasi-nulles, sauf pour certaines espèce où cette "première" mue est délicate (Theraphosa leblondi...). Encore un peu de patience. |
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Voilà la fin de l'incubation : les larves sont quasiment toutes noires. Les premières commencent à muer, elles ressemblent alors -enfin- à des bébés mygales. Elles restent encore en grappe mais selon les espèces vont se séparer dans les jours ou les semaines qui suivent. |
Usuellement, c'est ce que l'on appelle (incorrectement) le premier stade, en fait c'est déjà le second voire le troisième selon les points de vue. Toujours est-il que c'est le premier stade d'autonomie : L'alimentation commencera dans les 7 à 15 jours qui suivent cette mue. Ne précipitez pas les choses, si les proies ne sont pas dévorées, elles représenteront un danger pour les mygalons qui n'ont pas encore mué...
Pas si compliqué...









