Pseudoligoxystre bolivianus

Description d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce
(Araneae, Theraphosidae, Ischnocolinae)

Pseudoligoxystre bolivianus
gen. n. & sp. n. de BOLIVIE

(Fabian VOL)

(Cet article a initialement été publié aux Editions Arachnides).

INTRODUCTION :

    La plupart des Theraphosidae sud-américains appartiennent à la sous-famille des Theraphosinae. Cette sous-famille a été placée par RAVEN (1985, cladogramme de la fig. 2 p.39) en tétrachotomie avec les Harpactirinae, les Aviculariinae et les Ischnocolinae [en partie]. Ces quatre groupes ont en commun des scopulae denses sur tous les tarses, l’absence d’une troisième griffe tarsale et une suture labio-sternale déprimée (par opposition à une suture en relief). Les Theraphosinae se distinguent par trois ou quatre synapomorphies : un subtegulum large et étendu [RAVEN (1985), PEREZ-MILES et al. (1996), PEREZ-MILES (2000)], la présence de carènes sur le bulbe [RAVEN (1985), PEREZ-MILES et al. (1996), PEREZ-MILES (2000)], la présence de poils urticants de type I, et/ou III, et/ou IV ou VI [PEREZ-MILES et al. (1996), PEREZ-MILES (1998)] et les réceptacles de la spermathèque ne comportant qu’un seul lobe [PEREZ-MILES (2000)] à l’exception de quelques espèces du genre Cyrtopholis SIMON, 1892.

    Les Ischnocolinae du Nouveau Monde n’ont été que très peu étudiés. Pour RAVEN (1985) les genres appartenant à la sous-famille des Ischnocolinae ne partagent aucune synapomorphie et cette sous-famille formerait un groupe largement paraphylétique (paraphylie qui apparaît dans le cladogramme mentionné plus haut). On peut toutefois définir les Ischnocolinae du Nouveau Monde, souvent rassemblés sous la dénomination de Ischnocolinae du Nouveau Monde incertae sedis, par opposition aux Theraphosinae. A la différence de ces derniers, les bulbes ne présentent pas de carène et le subtegulum n’est pas étendu, ils sont souvent de forme extrêmement simple. Les Ischnocolinae sont dépourvus de poils urticants et chez quelques espèces de certains genres les réceptacles de la spermathèque comportent plusieurs lobes [RUDLOFF (1997)]. Le groupe des Ischnocolinae du Nouveau Monde incertae sedis se distingue facilement des Aviculariinae par l’absence de poils urticants de type II ou V, par des scopulae beaucoup moins denses sur les tarses I-III, par des métatarses beaucoup moins larges etc… Ce groupe compte peu de genres et d’espèces : Acanthopelma F.O. PICKARD-CAMBRIDGE 1897, Magulla SIMON 1892, Holothele KARSCH 1879 et Oligoxystre VELLARD 1924.

    Le petit Theraphosidae que Jean Michel VERDEZ et Hervé SIMOENS ont ramené de Bolivie et objet de cette description n’appartient à aucun de ces genres, en ce sens qu’il ne répond complètement à aucune des diagnoses. Acanthopelma F.O. PICKARD-CAMBRIDGE 1897 se distingue aisément des autres genres par ses scopulas tarsales divisées par des soies épineuses. Chez notre araignée les scopulae tarsales sont indivises sur les pattes I-III et divisées seulement par des soies normales sur la quatrième paire de pattes. Elle diffère de Magulla SIMON, 1892 par la forme de la spermathèque, illustrée par GERSCHMAN DE PIKELIN & SCHIAPELLI (1973a), par le nombre important de cuspules, par la forme de la dépression thoracique qui est procurvée etc ... Cette petite mygale bolivienne emprunte de nombreuses caractéristiques au genre Holothele KARSCH, 1879 comme la présence de deux éperons sur les tibias de la première paire de pattes, une forme de bulbe très proche et deux lobes sur la spermathèque, caractéristique présente chez certaines espèces du genre Holothele. Elle s’en distingue toutefois par un labium beaucoup plus large que long et surtout par un nombre de cuspules très réduit sur le labium. D’après RUDLOFF (comm. pers.) les cuspules sont toujours en nombre supérieur à 30 chez Holothele. Ces caractères sont en revanche, au sein de cette sous-famille typiques du genre Oligoxystre VELLARD 1924. Toutefois cette mygale se distingue clairement de Oligoxystre par un style beaucoup plus court, par des tarses un peu plus longs et par une forme de spermathèque résolument différente (GERSCHMAN DE PIKELIN & SCHIAPELLI (1973a & b), VOL (2000)). Jan Peter Rudloff, auteur d’un excellent travail de révision sur le genre Holothele et spécialiste des Ischnocolinae de la zone intertropicale, pense que la création d’un sous-genre au sein du genre Oligoxystre permet et suffit à marquer cette différence. Cette position est justifiée par le partage de deux caractères considérés comme dérivés (apomorphies) à savoir la forme large du labium et le nombre réduit de cuspules. Pour ma part, il m’a semblé que s’il devait y avoir sous-genre ce serait plutôt au sein du genre Holothele qu’il conviendrait de le créer à cause de la forme des genitalia. C’est pourquoi, devant ces positions antagonistes et parce que d’une part les différences sur les organes génitaux apparaissent à la fois chez le mâle et chez la femelle et que d’autre part un caractère dérivé peut être partagé par deux genres, il m’a paru souhaitable de créer un nouveau genre : Pseudoligoxystre gen. n. Il semble en outre qu’il existe une espèce péruvienne que l’on pourrait attribuer à ce nouveau genre (RUDLOFF, comm. pers.).

MATERIEL :

    Deux mâles adultes, un spécimen sub-adulte et une exuvie de femelle mature. Ces araignées ont été collectées à Samaipata, état de Santa Cruz, Bolivie en septembre 2000. Le mâle de plus grande taille est désigné comme holotype. Le matériel sera déposé à l’Université Rene Moreno de Santa Cruz, Museo de Historia Natural « Noel Kempff Mercado », Bolivie.

MATERIEL EXAMINE :

    De nombreuses spécimens du genre Holothele et de l’espèce Oligoxystre auratus VELLARD, 1924 de la collection de l’auteur.

DERIVATIO NOMINIS :

    Le nom de genre est bien évidemment destiné à rappeler la grande ressemblance avec Oligoxystre VELLARD, 1924. Le nom spécifique est un épithète indiquant la provenance de la mygale.

METHODES :

    Le matériel en alcool a été étudié à la loupe binoculaire NOVEX AP – 5. Les photos ont été prises avec un boîtier réflex sur pellicule 400 ASA fujichrome.
    Les mesures sont exprimées en millimètres avec une précision de ±0.25 mm. Les segments de pattes sont mesurés dorsalement.

    La position des épines des pattes et pédipalpes est repérée suivant la convention adoptée par Prentice 1992. Les abréviations sont comme suit : a = apical, b = basal, d = dorsal, e = préapical, L = gauche, m = médial, p = direction prolatérale, r = direction rétrolatérale, R = droit, v = ventral, 0.33, 0.50, etc = la fraction approximative de la longueur totale du segment à laquelle se situe une épine par rapport à l’extrémité proximale.

MOTS CLES :

    Theraphosidae, Ischnocolinae, Pseudoligoxystre, Holothele, Oligoxystre, nouveau taxon, Bolivie, Santa Cruz, Samaipata.

DIAGNOSE DU GENRE :

    Ce nouveau genre monotypique à ce jour appartient à la sous famille des Ischnocolinae. En tant que tel il ne présente pas de poils urticants. Son bulbe, dépourvu de carène, porte un style assez long et effilé. La spermathèque de la femelle comporte deux réceptacles séminaux séparés.

    Pseudoligoxystre se distingue clairement des autres Ischnocolinae du Nouveau Monde (sauf Oligoxystre) par son labium très large, garni d’un nombre très réduit de cuspules et par la forme de la spermathèque. Pseudoligoxystre se distingue de Oligoxystre VELLARD, 1924 par :

    • Un style beaucoup plus court,

    • des tarses un peu plus longs,

    • une spermathèque avec deux réceptacles séminaux comportant chacun deux lobes. Chez Oligoxystre la spermathèque se présente sous la forme de deux longs tubes terminés par une petite tête séminale ronde.

DESCRIPTION DU MALE :

Ce Theraphosidae de petite taille présente le prosoma recouvert d’une pubescence cuivrée. L’opisthosoma est revêtu d’une courte pubescence marron foncé à noire avec de longues soies rousses éparses. Les pattes sont également marron foncé et sont pourvues de longues soies de la même couleur que celles sur l’opisthosoma.

Prosoma :
Longueur 7.5 mm, 6 mm pour sa plus grande largeur et 2.5 mm à l’avant. La partie céphalique est peu élevée par rapport à la partie thoracique. Le thorax porte de profondes impressions mais pas entre les parties céphalique et thoracique. La dépression thoracique est située à 2.5 mm de la bordure postérieure, échancrée à cet endroit. Elle est donc située aux 2/3 de la longueur vers l’arrière. La fovéa est profonde, droite à légèrement récurvée et mesure environ 1 mm de large.

Tumulus oculaire :
1.25 mm de large pour 0.9 mm de long. Le clypeus est étroit, inférieur à 0.1 mm. La rangée oculaire antérieure est procurvée, la rangée postérieure est récurvée. Les yeux de la rangée postérieure sont plus clairs que ceux de la rangée antérieure, les médians en particulier sont blancs. Les dimensions et écartements des yeux sont donnés ci-après : AME 0.2 mm de large pour 0.27 mm de long, ils sont assez ronds ; PME 0.15 mm de large pour 0.2 mm de long ; ALE 0.1 mm de large pour 0.35 mm de long ; PLE 0.1 mm de large pour 0.22 de long ; PLE-PME 0.05 mm ; AME-AME 0.2 mm ; PME-PME 0.6 mm ; ALE-PLE 0.2 mm ; ALE-AME 0.1 mm.

Pseudoligoxystre bolivianus, n. gen. n. sp., groupe oculaire

Chélicères :
Longues de 2 mm, elles sont dépourvues de rastellum, bien que l’on trouve quelques soies dures sur l’avant à la base des crochets qui rappellent cet organe. Elles portent 8 dents de tailles sensiblement égales dissimulées dernière la scopula. Les scopulae sur les chélicères et sur la lame maxillaire sont roussâtre clair.

Labium :
Il est large de 1.15 mm pour une longueur de 0.5 mm en son milieu. Il est donc beaucoup plus large que long, rapport : 2.3. Cette caractéristique rappelle le labium des Oligoxystre [GERSCHMAN DE PIKELIN & SCHIAPELLI (1973b)]. Tout comme chez ce genre le nombre de cuspules est extrêmement réduit, 3 chez l’holotype de Pseudoligoxystre bolivianus sp. n. contre aucune cuspule chez Oligoxystre (RUDLOFF, comm pers. signale la présence de quelques cuspules chez certains spécimens).

Pseudoligoxystre bolivianus, n. gen. n. sp., labium
Le labium est beaucoup plus large que long, et est armé d’un nombre très réduit de cuspules.

Maxillae :
La lame maxillaire gauche porte 16 cuspules contre 17 pour la droite. Elles sont situées à l’angle basal prolatéral.

Sternum :
3.6 mm de long pour 3 mm en son endroit le plus large, à savoir entre les coxae II et III. Les sigilla ne sont pas visibles.

Opisthosoma :
Longueur 8 mm pour 4 mm de large seulement. Il paraît relativement allongé.

Filières :
Les filières inférieures, longues de 0.75 mm sont séparées de 0.4 mm. Les filières supérieures comportent trois articles de longueur respective en partant de la base : 1.6 mm, 1.1 mm et 1.7 pour le segment apical.

Pattes :
La longueur des différents segments de pattes et palpes est indiquée dans le tableau ci-dessous :

 

fémur

patella

tibia

métatarse

tarse

total

Palpe

4.25

2.50

3.50

-

1.50

11.75

Patte I

7.25

4.00

5.50

5.50

3.75

26.00

Patte II

6.50

3.25

4.75

4.75

3.25

22.50

Patte III

5.50

2.75

4.00

4.75

3.25

20.25

Patte IV

7.50

3.00

6.00

6.50

3.75

26.75

    Soit une formule classique de pattes : IV, I, II et III. A noter : la patte IV n’est que très légèrement plus longue que la I.

Le fémur III n’est pas enflé comme chez certains genres de Theraphosinae. Les fascicules unguéaux sont bien développés sur les tarses.

Scopulae :
Elles n’ont pas la densité rencontrée chez certaines espèces de la sous-famille des Theraphosinae ou de celle des Aviculariinae. Elles couvrent 80% de la longueur de l’article sur le métatarse de la patte I et de la patte II, 60% au milieu du métatarse de la patte III et 50% sur la patte IV. Les scopulae tarsales I-III sont indivises. La scopula de la patte IV est divisée par une bande de soies peu large. De longs poils de chaque côté du métatarse de la patte I donne à ce dernier un aspect plus large qu’il ne l’est en réalité.

Chétotaxie :
Toutes les épines sont longues et fines. Elles sont très fragiles et s’arrachent facilement, ce qui peut expliquer la dissymétrie constatée entre les pattes gauches et droites d’un même spécimen.

Palpe : fémur 0 (quelques soies dures à l’apex, il ne s’agit pas d’épines à proprement parler) ; patella 0 ; tibia 0.
Patte I : fémur 2 à 3d (1m0.15, L 1m0.4, R 1m0.3, R 1m0.7) ; patella 0 ; le tibia porte 1 épine épaisse, courte, noire et sinueuse côté prolatéral, adossée au bord interne de l’apophyse la plus petite, l’épine est environ deux fois plus longue que l’apophyse qui la supporte, il faut y ajouter 5 à 6v (1ar, 1p0.8, 1r0.35, 1p0.25, 1r0.15 et L 1r0.15) 2 à 3d (1rb, L 1r0.2, R 1p0.2, R 1r0.3) ; métatarse 1v (1r0.25) 1d (1m0.66).
Patte II : fémur 2 à 4d (1m0.15, 1m0.4, R 1m0.7, R 1m0.9) ; patella 0 ; tibia 5v (1ar, 1ap, 1m0.15, 2m0.4) 4d (2rb, 1r0.4, 1p0.4) ; métatarse 1v (1r0.33).
Patte III : fémur 0v 8d (1m0.15, 1m0.3, R 1r0.35, R 1r0.5, R 1r0.75, R 1p0.25, R 1p0.5, R 1p0.7, L 1r0.45, L 1r0.65, L 1r0.8, L 1p0.8, L 1p0.6, L 1p0.35) ; patella 0 ; tibia 5 à 9v (1am, 1ar, L 1m0.2, L 1m0.5, L 1p0.45, R 2r0.15, R 1p0.2, R 2r0.3, R 1p0.3, R 1p0.7) 5d (1r0.6, 1p0.6, 2p0.2, 1r0.2) ; métatarse 5v (1ar, 1ap, 1am, 1m0.3, 1r0.3) 5 à 6d (1p0.4, 1r0.4, 1p0.8, 1r0.8, 1p0.15, L 1r0.8).
Patte IV : fémur 0v 9 à 10d (1p0.8, 1r0.8, 1r0.66, 1p0.66, 1m0.45, 1m0.3, 1m0.25, 1m0.15, L 1r0.6, L 1p0.45, R 1p0.33) ; patella 0 ; tibia 8 à 9v (1ap, 1ar, 1p0.75, 1r0.7, 2m0.45, 2m0.15 L 1p0.3) 4 à 5d (1r0.6, 1p0.6, 1p0.3, 1r0.3, R 1rb) ; métatarse 5 à 6v (1ap, 1am, 1ar, 1p0.35, 1r0.3, L 1p0.5) 6d (1r0.85, 1p0.85, 1p0.55, 1r0.45, 1r0.2, 1p0.2).

Caractères sexuels : bulbes
Le bulbe est piriforme, de longueur 2 mm. Il ne porte pas de carène. Le style se rétrécit progressivement jusqu’à l’angle à partir duquel il change d’orientation. Il fléchit alors vers l’extérieur et vers le bas.

Bulbe, vue rétrolatérale

Bulbe, vue ventrale

Pseudoligoxystre bolivianus gen. & sp. n.

Caractères sexuels : apophyses tibiales
Le tibia I porte deux apophyses à son extrémité distale. L’éperon le plus grand est situé ventralement, il est long et fin, courbé vers l’intérieur. Il porte une longue épine près de son apex sur la face supérieure. L’éperon le plus petit est adossé à une épine sinueuse, pratiquement complètement dissimulé par celle-ci.

Apophyses tibiales, vue rétrolatérale

Apophyses tibiales, vue ventrale

Pseudoligoxystre bolivianus gen. & sp. n.

FEMELLE :

    La femelle collectée est toujours en vie et sera déposée à sa mort à l’Université Rene Moreno de Santa Cruz, Bolivie. Par son aspect extérieur, en particulier la coloration, la pilosité, le nombre réduit de cuspules sur le labium, la forme très large de la plaque labiale, elle ressemble beaucoup au mâle. Elle en diffère par les proportions des pattes qui sont bien évidemment plus courtes.

    Il a toutefois été possible d’examiner la forme de la spermathèque sur une exuvie. Celle ci est composée de deux receptacula seminis clairement séparés. Chaque receptaculum possède deux lobes, un de ces lobes possède une tête aplatie et assez large.

Pseudoligoxystre bolivianus, gen. n. sp. n., spermathèque

ELEMENTS D'HISTOIRE NATURELLE :

    Les collecteurs (Jean Michel VERDEZ et Hervé SIMOENS) indiquent avoir trouvé ces petites mygales dans un village (Samaipata), dans les habitations et également sous des pierres où elles tissent leur toile.
    Elles sont vives dans leurs déplacements mais ne manifestent aucune agressivité.

DISCUSSION :

    La présence des Ischnocolinae sur le continent américain est très ancienne (remontant au moins à 20-23 millions d’années) comme l’atteste la présence de Ischnocolinopsis acutus WUNDERLICH 1988 dans l’ambre de la République Dominicaine, datant du Miocène (DUNLOP 1993). Dans cette région des Grandes et Petites Antilles on trouve aujourd’hui de nombreuses espèces appartenant au genre Holothele. Ce genre est également largement représenté dans le nord de l’Amérique du sud (Guyane Française, Venezuela, Guyana et même Colombie (RUDLOFF, comm. pers.)). Au sud du continent sud-américain on trouve le genre Oligoxystre (Argentine, Uruguay et peut être également sud de la Bolivie et Paraguay). Entre ces deux pôles la présence des Ischnocolinae est peu documentée, soit parce que le nombre des espèces y est faible soit comme je le pense plutôt parce que ces régions ont été peu explorées d’un point de vue arachnologique. Il est à cet égard remarquable de trouver au centre de la Bolivie, soit à mi-chemin entre les zones de répartition des genres Oligoxystre et Holothele, une espèce qui emprunte ses caractéristiques aux deux genres précités. Il n’existe me semble t-il aucun doute sur le fait que cette espèce constitue une transition dans une colonisation sud-nord (peu probable) ou nord–sud (beaucoup plus vraisemblable).

REMERCIEMENTS :

    Je tiens à remercier tout particulièrement les personnes qui ont rapporté ce matériel intéressant de leur voyage en Bolivie, à savoir Hervé SIMOENS et Jean Michel VERDEZ. Je souhaite également remercier Jan Peter RUDLOFF, pour les idées que j’ai pu échanger avec lui sur le sujet et pour ses commentaires avisés sur le manuscrit et le Dr. Gunter SCHMIDT pour la relecture et les améliorations apportées au document.

RESUMEN :

    Jean-Michel VERDEZ y Hervé SIMOENS recolectaron en Samaipata, estado de Santa Cruz, Bolivia, una araña terafosida, la cual, por falta de pelos urticantes, de aleta en el bulbo y por la presencia de un estilo delgado y agudo, pertenece claramente a la subfamilia Ischnocolinae. Esa subfamilia, muy antigua en este lado del Atlantico (al menos 20-23 millones de años), cuenta muy pocos géneros (Acanthopelma F.O. PICKARD-CAMBRIDGE 1897, Magulla SIMON 1892, Holothele KARSCH 1879 et Oligoxystre VELLARD 1924) y se conoce muy poco.

    Esa araña migalomorfa, que llamo Pseudoligoxystre bolivianus sp. n. tiene caracteres del Holothele (estructura de los genitales) y del Oligoxystre (labio muy ancho con muy pocas cúspides).

    Por eso y porque no se puede atribuir esa especie a ninguno de ambos géneros me pareció necesario establecer un nuevo género : el Pseudoligoxystre gen. n.

    Doy a continuación la diagnosis de este género de la subfamilia Ischnocolinae :

    • labio mucho mas ancho que largo (más de dos veces),

    • labio con muy pocas cúspides,

    • la espermateca tiene dos receptacula seminis separados, cada receptaculum tiene dos lóbulos. Es muy diferente de la del Oligoxystre.

    • estilo mucho más corto que en el Oligoxystre y comparable al de Holothele.

    • tarsos un poco menos cortos que en el Oligoxystre.

    • 2 espolones tibiales, uno de ellos muy pequeño y casi escondido por una espina gruesa.

    Pseudoligoxystre gen. n. es monotípico hasta ahora pero según RUDLOFF (com. pers) existe una especie parecida en Perú, aún no descrita.

REFERENCES :

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- Gerschman de Pikelin B.S. & Schiapelli R.D. 1973a, La subfamilia « Ischnocolinae » (Araneae : Theraphosidae). Revista del Museo Argentino de Ciencias Naturales « Bernardino Rivadavia » e Instituto Nacional de Investigacion de las Ciencias Naturales. Entomologia Tomo IV, n°2 : 43-77.
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- Rudloff J. P. 1996, Zur Problematik der « Neuweltlichen Ischnocolinae » Arthropoda (4) 4 : 71-72.
- Rudloff J.-P. 1997, Revision der Gattung Holothele Karsch, 1879 nebst Aufstellung einer neuen Gattung Stichoplastoris gen. nov. (Araneae, Theraphosidae) und Wiedereinsetzung einiger weiterer Gattungen der Mygalomorphae. Arachnologisches Magazin 5 (2) : 1-19.
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- Vellard J. 1924, Etudes de Zoologie. Arch. Inst. Vital Brazil, 2 : 121-170 + sep. : 1-50.
- Vol. F. 2000, Catalogue des spermathèques des Theraphosidae, 1ère édition : septembre 2000, 91 pages, 64 planches. Supplément au n°47 d’Arachnides. Editions Arachnides, BP 21-94191 Villeneuve St George Cédex-France.


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